La Fontaine Saint-Aignan



Il existe à Espiet une source, dite de Saint-Aignan, qui aurait des pouvoirs miraculeux. Elle est mise en valeur grâce à une fontaine richement ornée.


On prête à la source de Saint-Aignan diverses vertues, elles soignaient notamment les maladies des yeux. C'est pourquoi un pélerinage y est organisé dès le Moyen Age.


La fontaine Saint-Aignan n'est cependant réalisée que tardivement, en 1872. Particulièrement soignée, elle se compose de deux niveaux carrés superposés et décorés de motifs de tables. Des pilastres peu saillants encadrent les angles.


Sur l'une des faces du registre supérieur, une niche est aménagée sans doute pour accueillir une statuette de Saint-Aignan, également honoré dans l'église.








Notre-Dame d’Espiet



L’église Notre-Dame d’Espiet trouve ses origines au XIème siècle. Elle est à l’origine de la prospérité du village, puisqu’elle est rapidement fréquentée par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.


Edifice roman presque entièrement reconstruit au XVIème siècle, suite aux guerres de Religion, l’église Notre-Dame d’Espiet appartient dès le XIème siècle à l’abbaye de la Sauve Majeure.


Son plan est simple et se compose d’une nef unique, prolongée d’un chevet droit à l’est et d’un clocher-mur à deux baies à l’ouest.


Sur le flanc sud, le portail s’ouvre sur un large porche. Ses colonnes apportent deux voussures semi-cylindriques nues. L’archivolte présente quant à elle un décor sculpté qui semble représenter des perles sous des arcades ornées de fruits. Des restes de polychromie, retrouvés sur les ornements du portail, nous permettent de mieux imaginer l’église Notre Dame telle qu’elle était à l’origine, avec son décor peint.


Sources :  Brutalis, Les vieilles églises de Gironde, Bordeaux, 1912

 Pierre BRUN. Les églises de la Gironde, 1957


La Vierge et l’enfant de l’église Notre-Dame est réalisée dans le décor sculpté des chapiteaux du portail.

Le portail de l’église Notre Dame s’orne de quatre chapiteaux sculptés présentant un décor de personnages et d’oiseaux. C’est sur le chapiteau le plus à gauche que l’on peut contempler la Vierge Marie ayant son fils Jésus sur les genoux. Le style un peu fruste de l’œuvre et les plis grossiers des vêtements des personnages indiquent qu’il pourrait s’agir d’un vestige de l’église du XIème siècle. Elle se trouve actuellement au musée d’Aquitaine.


Caractéristique de l’art roman, le chapiteau à la vierge atteste de l’implantation ancienne de l’église Notre Dame d’Espiet.


Sources :  Brutalis, Les vieilles églises de Gironde, Bordeaux, 1912


Dans la nef de l’église, un ensemble du XVIIème siècle se compose de deux retables identiques se faisant face.

Alors que le retable sud est dédié à la Vierge, ce qui est naturel pour une église qui lui est consacrée, on peut s’étonner que le retable du nord soit dédié à Saint Aignan. En effet, Saint Aignan est lié à la défense héroïque d’Orléans lors des Invasions barbares au Vème siècle.


Les deux retables présentent un riche décor qui s’inscrit dans le mouvement de Contre-Réforme catholique. On voit ainsi des colonnes cannelées soutenant un entablement surmonté d’un fronton. Au sommet, une niche décorée d’une coquille qui rappelle le pèlerinage de Saint Jacques. Elle est surmontée d’un petit fronton triangulaire.


Au centre du retable demeure un cadre mouluré qui recevait une toile représentant l’Assomption de la Vierge. Le retable de Saint-Aignan comprenait, quant à lui, la représentation d’un évêque, probablement Saint-Aignan lui-même.


Sous le retable nord, on peut admirer un très bel autel sculpté d’arabesques.


Sources : Archives des Monuments historiques.


Le bénitier de l’église Notre Dame, orné d’une coquille, rappelle l’importance du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle pour Espiet.


Sur la cuve, on peut lire les lettres « IHS », ce qui signifie « Iesus Hominum Salvator », (Jésus sauveur des hommes). Connue en Italie à la fin du XVème siècle, cette épigraphe apparaît en France au début du XVIème siècle.


Le bénitier de Notre-Dame, datant de la reconstruction de l’église au XVIème siècle, atteste que le succès du pèlerinage ne se dément pas au cours des siècles.


Sources :  Brutalis, Les vieilles églises de Gironde, Bordeaux, 1912

 Mongelous, Histoire du canton de  Branne depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours,   Libourne, 1887



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